Accompagner le changement avec l'hypnose.
- il y a 3 jours
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Pourquoi je me définis comme accompagnante et non comme thérapeute ?
Dans le cadre de ma pratique de l’hypnose et du rêve éveillé, je ne me définis pas en tant que thérapeute mais en tant qu’accompagnante. J’ai eu envie de vous expliquer pourquoi et en quoi cela influence ma pratique.

Les mots ont une dimension sacrée
J’attache beaucoup de sens aux mots qu’on utilise, ils sont reflets de notre communication. Lorsque je pratique l’hypnose en cabinet, je sais que chaque mot prononcé a son importance. Quand je reçois une personne, je choisis presque religieusement les mots que je vais employer, parce que je sais qu’un mot, une phrase, prononcés à un instant précis de la séance a le pouvoir de déclencher une prise de conscience, un mouvement vers la transformation. En cela, ils portent une dimension sacrée.
Au sens étymologique, les mots « thérapie » et « thérapeutes » signifie soin, soigner, servir. Or, je n’ai ni la formation et le titre pour vous guérir, ni les pouvoirs de le faire. Je ne suis pas une professionnelle de santé, ni une élue avec des dons de guérisons. Au cabinet vous ne trouverez pas de recette miracle, ni de promesses de guérison. Par contre ma promesse réside dans l’art de vous accompagner.
Ce que signifie réellement accompagner
Ce que signifie réellement accompagner au sens littéral c’est, être avec. Et selon moi être avec, nécessite être présent à soi, présent à l’autre et pour l’autre. En séance, je vous écoute, je marche à votre rythme, je fais le chemin à vos côtés du point A vers votre point B, tout en conservant le cap ; la direction qu’on détermine ensemble au début de l’accompagnement. Et cela change tout, parce que je ne fais pour vous, à votre place. Je ne sais pas mieux que vous ce qui est bon pour vous, je n’ai pas la prétention de connaître le meilleur chemin pour aller du point A vers le point B. Mon rôle c’est de poser les conditions pour que vous fassiez votre chemin, en étant pleinement présent, en assurant votre sécurité pendant la traversée, en proposant des outils pour y parvenir. Et tant qu’accompagnante, j’endosse le rôle du guide, du passeur pour éclairer le chemin et vous garantir l’autonomie.
Et tout cela n’est possible que si on parvient à créer une alliance forte, à favoriser un environnement sécuritaire et s’accorder confiance. Et cela ne se précipite pas, cela se tisse. Parfois, être accompagnant c’est accepter de rester à la lisière du monde de l’autre, sans jamais chercher à en forcer l’entrée. Souvent, c’est accéder à des espaces intimes et avoir conscience de devoir les respecter avec le sacré qu’ils méritent. C’est avoir conscience que chaque chemin est unique.
Accompagner le changement c’est apprendre à danser avec le chaos
Les personnes qui viennent à ma rencontre, le font avec l’envie et/ou le besoin de changer et souvent cet élan et ce besoin sont teintés d’urgence, par qu’on a trop attendu, parce que « ce n’est plus possible ». Mais ce qu’elles veulent changer n’est pas toujours très clair. En poussant la porte du cabinet elles viennent explorer de grands paradoxes ; le désir profond de transformation qui se heurte à la sécurité du connu, le besoin d’ordre face à l’appel du chaos. La peur de perdre son identité, alors même qu’on ne se reconnait plus et qu’on rêve d’être quelqu’un d’autre. Bien souvent, on ignore nos propres paradoxes, parfois on les devine sans toutefois oser les confronter. Pourtant lorsqu’on on en prend conscience, qu’on les observe et qu’on les accepte alors une direction peut commencer à se dessiner, un mouvement peut s’enclencher.
Accompagner quelqu’un vers le changement, c’est apprendre à savoir danser avec le chaos, à maintenir le cap dans les tempêtes et rester solide quand tout semble vaciller. Être conscient que le chemin n’est pas toujours linéaire, que le changement, ce n’est pas prendre l’autoroute, non, au contraire c’est un pèlerinage qui nécessite du temps et qui a tant à enseigner. Accompagner c’est aussi se confronter à la complexité humaine dans toute sa splendeur, à la singularité de ceux qui nous font confiance, à un fonctionnement qui nous est étranger et qu’on ne comprend pas toujours et savoir pourtant entrer en résonnance sans interférer. C’est évoluer au cœur d’une trame faite de désirs contradictoires, de peurs et d’espoirs. C’est plonger dans le regard de ceux qui se sentent perdus, en quête d’une solution durable parfois dans l’urgence.
Le changement ; l’art de la patience et de la persévérance
Or, le changement ne se construit pas par l’unique volonté ou la force. Il ne s’agit pas d’exploser les « résistances » comme on enfonce des portes ouvertes. Le changement est un art qui invite à la persévérance et à la patience, où on apprend à dénouer les fils enchevêtrés des constructions mentales et comportements, pour remettre du mouvement là où tout semblait figé. C’est apprendre à identifier ses paradoxes et les différentes parts qui font ce nous sommes, apprendre à dialoguer avec eux, à se réconcilier et à les transformer en alliés. Parce que pour changer durablement, il est nécessaire d’accepter et de reconnaître qui on est, où on est pour cheminer avec conscience et respect de soi.
Et dans ce processus d’accompagnement et de changement, rares sont les fois où il y a réellement quelque chose à guérir.




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