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Comment accueillir et réguler ses émotions ?

  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

La gestion des émotions est un motif récurrent de consultation. J'observe que lorsque les personnes viennent à ma rencontre pour ce motif, elles se sentent dépassées voire submerger par l’intensité des émotions vécues. Lorsqu’on est au cœur de la tempête, vouloir ne plus ressentir, souhaiter balayer les émotions d’un revers de manche est l’option la plus tentante et l’espoir d’aller mieux rapidement devient un véritable enjeu.

 

Ce besoin est légitime mais en réalité, il est contre-productif. Je vous explique pourquoi et qu’on peut faire pour créer une alliance avec ses émotions plutôt que lutter contre.  



Qu’est-ce qu'il se passe quand on lutte contre les émotions ?

 

Il faut bien se rendre à l’évidence, la plupart d’entre nous partons avec un gros handicap : on n’a pas appris à accueillir nos émotions et lorsqu’on traverse une période difficile et qu’on se sent submerger, on essaie de gérer comme on peut et bien trop souvent, on subit.

 

Alors pour éviter de subir, on adopte assez naturellement un mécanisme de défense : la fuite. On s’engouffre dans le travail, on s’offre des distractions, on se noit dans des addictions, peu importe le moyen, pourvu qu’on ne ressente plus. A court terme, la stratégie semble efficace. Mais que se passe t’il vraiment quand on adopte malgré soi cette stratégie ? Le cerveau imprime que s’il y a fuite, c’est qu’il y a danger et s’il y a danger, il faut maintenir la vigilance. Concrètement, notre amygdale et nos réseaux de saillance se transforment en véritables sentinelles, à l’affut du moindre signal de danger (un son, un souvenir, une phrase, une sensation corporelle, des cauchemars).

 

Les signaux de danger activent aussi des changements corporels ; tensions diffuses, respiration courte et saccadée, battements de cœur plus rapides, sensation d’abattement, boule au ventre et autres somatisations sont souvent de la partie.

 

Cette lutte permanente active des mécanismes d’inhibition très couteux en énergie et induit fatigue, stress et surcharge. La jauge de pression émotionnelle augmente jusqu’à saturation puis décompression. L’émotion est réactivée voire amplifiée.

 

Finalement, on se retrouve pris.es au piège d’une mécanique malheureusement bien huilée, engouffré dans un cercle vicieux qu’on subit.

 

Les croyances limitantes autour des émotions

 

Pour la plupart d’entre nous, nous avons appris à catégoriser les émotions : certaines seraient positives et d’autres négatives et nous avons établi dès notre enfance des croyances qui continuent de nous accompagner adultes. On a constaté que lorsque nous étions joyeux.ses et serein.e.s, nous étions mieux entouré.es et considéré.es et que la société encourageait ces émotions. A l’inverse on a imprimé que la tristesse devait être vécue dans le silence, la honte cachée, la colère réprimée et qu’il fallait les éviter. On nous a inculqué que montrer nos émotions nous rendait vulnérables et par extension faibles.

 

Parfois on n’a pas toujours conscience de ces croyances, parfois on les a identifiés, pour autant on n’a toujours pas les clefs pour les dépasser. Et quand l'émotions surgit, on s’évertue à s’en sortir comme on peut, à conserver une illusion de contrôle rattrapés malgré nous par une tristesse qui met à terre, une peur qui enferme, une honte qui nous efface, une colère qui détruit tout sur son passage... Pourtant, lorsque l'émotion est pleinement vécue et traversée elle permet autre chose. En réalité, une tristesse habitée permet de faire ses deuils, la peur permet de maintenir un état sécurité et même de se dépasser, la honte peut être une invitation à l’amour de soi, une colère permet d’établir des limites.

 

Nos émotions sont des alliées

 

Vivre des émotions est inhérent à toute existence ; c’est ce qui nous rend si humain, vivant et complexe. Alors plutôt que d’essayer de gérer ses émotions dans la lutte, si on changeait de prisme et de croyance en adhérent au fait que toutes les émotions sont utiles, qu’elles sont de puissants signaux qui ne demandent qu’à être ressenties, écoutées et traversées ? Si on en faisait des alliés pour mieux se connaître et se réguler ? Si on apprenait à les utiliser comme moteur de décision et de motivation ?

 

Au cabinet, je vous accompagne pour rencontrer vraiment vos émotions dans une atmosphère de sécurité et avec un cadre stratégique. Je ne vais pas vous mentir, c’est souvent inconfortable. L’idée c’est d’apprendre à votre cerveau et à votre corps qu’il peut s’autoriser à les vivre et être quand même en sécurité. C’est un nouvel apprentissage qui peut prendre du temps mais qui se renforce à chaque réussite. C'est une stratégie saine à long terme qui permet d’accéder à la stabilité émotionnelle.

 

Quelques outils pour réguler ses émotions

  

  • Reconnaître ses émotions et mettre des mots dessus

 

Ex : Le comportement de X me met en colère parce je ne me sens pas respectée dans mon intégrité.

 

  • Identifier ses croyances :

 

Ex : Seuls les hommes ont le droit de se mettre en colère / Je n’ai pas le droit d’être en colère car je lui dois le respect / Si je suis en colère on va croire que je suis une personne violente.

 

  • Ressentir l'émotion dans le corps : Où et comment elle se manifeste physiquement ?

 

Ex : Lorsque je suis en colère le haut de mon corps est en tension / J’ai une boule dans la gorge je ressens l’envie de crier

 

  • Comprendre les émotions : identifier leurs déclencheurs et leur rôle.

 

Ex : je suis en colère lorsque X se permet de me faire des réflexions. La colère m’indique que je ne me sens pas respecter dans mes choix et que j’ai besoin que X comprenne mes limites et que je ne l’autorise pas à s’immiscer dans ma vie.

 

  • Exprimer ses émotions et trouver les bons canaux pour les partager.

 

Ex :  Parler avec un ami, utiliser l'art pour exprimer (écrire/dessiner/danser) ce qu’on ressent, consulter un professionnel

 

  • Réguler / moduler une émotion trop intense.

 

Ex : crier ou frapper dans un oreiller, respirer, bouger

 

  • Utiliser les émotions comme moteur de décision et de motivation.


 Ex : Apprendre à dire stop, poser des limites, s’éloigner du déclencheur

 

Si tu veux aller plus loin, je te recommande chaleureusement l’ouvrage de Caroline et Cyrielle Foucher « Murmures des émotions »


Je serai ravie de connaître quelle émotion te donne le plus de fil à retordre et ce que tu as essayé pour les réguler.

 

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