Les transitions de vie comme rite de passage
Vivre ses transitions de vie grâce à l'hypnose
La vie est ainsi faite, nous traversons tous de manière répétée des transitions et des transformations : qu’elles soient subies, forcées ou choisies ces passages sont rarement simples à vivre parce qu’ils sont déstabilisants. Parfois on maîtrise, parfois non ; toujours est-il qu’il y a fréquemment une part de nous dans ces moments, qui panique, qui a peur, qui se sent perdue, qui a hâte que ça se termine.
Pourtant les transitions n’ont pas besoin d’être précipitées…ce sont des passages qui méritent :
Du temps,
De la présence (à soi-même et des autres),
De l’espace.
Malheureusement, nous accordons peu d’égard à ces moments, alors que depuis la nuit des temps, toutes les traditions et spiritualités ont créé leurs propres rituels pour les traverser.
Les transitions ne sont pas anodines et je les apparente à des processus de mort symbolique suivie d’une renaissance, d’un nouveau chapitre. Autrement dit, quelque chose s’achève et une nouvelle page s’écrit d’une autre manière. Parler de transitions, c’est nécessairement évoquer le deuil : réel ou symbolique (perte d’un être cher, naissance, maladie, crise existentielle, bouleversement professionnel, déménager, abandonner une mauvaise habitude, partir à la retraite…) et se projeter vers un avenir différent. Et c’est précisément lorsque l’ancien n’existe plus et que le nouveau n’est pas encore perceptible qu’on a besoin de stabilité et de sécurité pour traverser la tempête, cet espace liminal qu’on ne sait pas réellement nommer et dans lequel on perd nos repères.
Alors aujourd’hui, j’avais envie d’aborder l’hypnose comme un rite de passage et la manière dont elle peut accompagner les transitions.

Anatomie des transitions sous l’angle ethnologique
Du point de vue de l’ethnologue Arnold Van Genepp auteur de l’ouvrage « les rites de passage » décrit comment les sociétés traditionnelles envisage les transitions selon trois étapes ; la séparation, la liminalité, l’agrégation.
La séparation marque la rupture avec l’état antérieur et implique une mise à l’écart ou un retrait symbolique du monde ordinaire, une purification : si aujourd’hui on ne part plus seul pendant des jours en forêt pour faire une quête vision, on peut adapter en prenant le temps d’introspection pour le faire point sur nos besoins, s’autoriser à vivre nos émotions.
La liminalité est une phase d’entre deux, une sorte de non état fait d’ambivalence, de désorganisation, de chaos, parfois de sensation de danger. C’est cette phase inconfortable, qu’on a tendance à vouloir éviter et qu’on subit la plupart du temps, alors que c’est précisément cette étape qui constitue le terreau de la transformation. C’est en quelque sorte un incubateur où se dessine les fondations de la suite de votre chemin.
Enfin vient l’agrégation qui est une phase de réintégration, une renaissance de la personne dans son nouvel état ; c’est la poursuite du chemin mais d’une autre manière et avec de nouveaux attributs.
L’hypnose comme rite de passage
J’observe que lorsqu’on vit une transition il n’est pas rare de souhaiter parvenir à l’agrégation avant d’avoir pris le temps de naviguer dans la liminalité. Vouloir bruler cette étape n’est-ce pas une façon d’éviter de ressentir, de contrôler ou de combler le vide provoqué par l’inconfort, risquer de se dissocier et de vivre complètement à côté de ses pompes ? Or c’est précisément à cet endroit que l’hypnose excelle. L’hypnose, telle que je la pratique ne cherche pas à abolir la tension que génère la transition, mais à lui offrir un réceptacle, où le la personne peut déposer ce qu’il n’ose pas encore dire et expérimenter ce qu’il n’ose pas encore incarner. C’est un espace pour explorer le temps de la transition et de la désorganisation, un temps de transformation et de plasticité pour ouvrir la voie, donner du sens à cette traversée et l’intégrer dans un nouveau récit de soi.
C’est un espace hors du temps pour accompagner un processus organique de restructuration du système interne qui suit son propre rythme, pour faire comprendre à notre corps et notre mental qu’ils ne sont plus tout à fait au même endroit et qu’ils doivent s’adapter à leur nouveau système et recréer de nouveaux circuits neuronaux.
C’est s’accorder du temps et de la présence pour ralentir, expérimenter, ajuster si nécessaire et remettre de la conscience sur une étape sacrée.
Le rôle du praticien dans les transitions de vie
De nos jours, on a tendance à s’isoler (par soucis d’intimité, pour ne pas embêter les autres avec nos problèmes, par peur d’être incompris) et on traverse de moins en moins ces transitions en groupe ou en compagnie de notre communauté. Pour autant on n’est pas obligé de traverser ces transitions seul.e. En séance l’hypnose, je vous aide à embarquer et habiter pleinement cet espace liminal, à sillonner à travers le brouillard pour rejoindre de la meilleure façon qu’il soit et en son temps, l’autre rive. Le praticien joue un rôle double, celui du gardien de l’espace, afin d’offrir un cadre contenant pour mettre des mots, ressentir et déposer ce qui est là et celui du « passeur » ; qui monte dans la barque avec vous pour assurer la sécurité de la traversée et éclairer les zones d’ombres en questionnant les besoins, en posant des balises lorsque vous ne voyez pas le bout, en soutenant l’espace lorsque c’est inconfortable, en favorisant la co-régulation affective permise par l’alliance entre l’accompagné.e et le praticien.
Parce qu’une des fonctions de la transe hypnotique c’est d’autoriser et d’accueillir le chaos, c’est l’endroit où ce qui fait peur peut être traversé et surmonté, où ce qui semble encore inatteignable, impalpable peut commencer à se dessiner, où plutôt que de subir, on se découvre une capacité à être acteur/actrice, où faire émerger de la clarté et de nouveaux possibles.
Avec cette intention le rôle de l’hypnose n’est pas nécessairement de chercher à résoudre un problème à coup de baguette magique. Elle devient un art d’accompagner les métamorphoses, l’espace du rituel de passage et pour moi, c’est principalement cela qui rend l’hypnose magique.




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