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L'injonction à incarner la meilleure version soi-même

  • 19 juin
  • 4 min de lecture



Le développement personnel a le vent en poupe : l’étalage qui en est fait dans les librairies, les réseaux sociaux et la multiplication des services d’accompagnement et de développement personnel en sont la preuve.

Loin de mépriser son existence et ce qu’il peut apporter, je dois avouer que je suis parfois mal à l’aise (pour ne pas dire choquée et en colère) de lire des articles ou voir défiler des posts sur les réseaux sociaux diffusant des injonctions au bien-être, voire tenir des propos culpabilisants envers les personnes qui traverseraient une phase de leur vie difficile, comme s’il faillait seulement être positif ou « vibrer haut » pour se sentir bien. Si seulement c’était aussi simple…Sans constituer une généralité, je constate malheureusement un accroissement de ce genre de dérives, qui au lieu d’offrir des pistes de mieux-être, plongent insidieusement certaines personnes vers une quête illusoire de perfection.


Incarner la meilleure version de soi-même : une injonction irréaliste


Parmi ces injonctions, il en existe une qui me semble illustrer particulièrement cette quête : celle d’injonction à incarner la meilleure version de soi-même. Meilleure selon qui et selon quoi ? Sous couvert de bienveillance et de développement personnel, cette proposition ne constitue-t-elle pas un gros raccourci ? N’existe-t-il pas un risque à nous entrainer à poursuivre une sorte de Graal qui nous conduira à être finalement toujours plus frustrés de n’être jamais assez : assez parfait, assez heureux, assez performant (je vous laisse décliner à l’infini) et à faire face incontestablement à un sentiment d’échec ou une dévalorisation de soi ?


Alors certes, il est intéressant d’apprendre à se connaître et vouloir s’améliorer à conditions toutefois de conserver des limites saines et d’accepter que le chemin compte bien plus que le but qui n’est pas une fin en soi. D’accepter que parfois ça prend du temps et qu’il faut aussi savoir se lâcher la grappe et ne pas culpabiliser de vivre des moments où on n’est pas au top, voire où on se sent vraiment mal : parce que oui ça arrive ; ça s’appelle la vie et ça ne fait pas vous une personne moins digne. Rencontrer des écueils, se casser la figure, se relever, accueillir nos dualités et conflits internes, c’est aussi cela cheminer. Se flageller à coup d’injonctions à la pensée positive, à vivre dans le présent à être heureux en occultant complètement ce que vous êtes et ce que vous traversez, ne vous conduira pas au bonheur ultime. Certains philosophes comme Nietzsche, dans son ouvrage le gai savoir, nous enseignent au contraire que rien en nous n’est à vaincre et que tout est à intégrer.


Une injonction saine : être simplement soi-même au présent


Juste être soi-même, accueillir toutes nos facettes c’est déjà un gros travail. Tenter d’occulter ses ombres, considérer qu’une partie est négative, la censurer n’est qu’un leurre : plus on la rejette plus cette partie devient obsessionnelle et frappe à la porte. Alors osons nous rencontrer vraiment. Je vous invite à considérer qu’il n’y a pas de facette négative ou positive : il y a juste des facettes, qui ont chacune leur rôle à jouer dans la quête du soi, dans la compréhension de notre être et des messages à délivrer. C’est bien cela qui est générateur de connaissance et de transformation.


Alors plutôt que d’incarner qui on devrait être, une soi-disant meilleure version (suivant notre éducation, ce qu’attend de nous nos proches, la société…), si on essayait déjà d’apprendre à se connaitre et incarner qui on est dans toutes nos ambivalences ? Se poser la question de savoir si ce qu’on aimerait être résonne vraiment avec ce que l’on souhaite ou bien si c’est la résultante des attentes des autres ou de la société ?


Et puis finalement, c’est quoi être soi-même ? Celle que je suis aujourd’hui n’est peut-être pas celle que j’ai été et serai demain. Peut-on réellement être en accord avec soi-même ou « aligné » si une multitude de partie se confrontent à l’intérieure de nous ? Cela ne relève-t-il pas plutôt du compromis ou de l’acceptation qu’à un instant donné, une partie de nous puisse prendre une place plus importante dans notre vie sans pour autant que cela soit immuable ?


S'il devait y avoir qu'une injonction à mon sens ce serait celle-ci : apprendre à connaître qui je suis profondément et quels sont mes besoins. Car c'est en passant par le qui je suis que seulement après peut-être, je pourrai essayer d’incarner la meilleure version de moi-même.


Les vrais questions à se poser quand on veut incarner la meilleure version de soi-même


Et si toutefois tu penses que tu seras plus heureux.ses lorsque tu incarneras la meilleure version de toi-même, pose toi ces questions :

 

Qui est-ce que je suis en train d'essayer de convaincre et de quoi ?

Si tu deviens maintenant cette meilleure version, que vas-tu pouvoir ressentir, être ou faire que tu ne t'autorisais pas jusque là ?

En quoi qui tu es aujourd'hui est insuffisant au point de devoir être remplacé par une meilleure version ?

Imagine un instant que tu n'as plus besoin de devenir meilleur.e, qu'est-ce qui te ferait le plus peur ?

Si tu cesses de poursuivre cette meilleure version pour commencer vraiment à te rencontrer : qu'est-ce que tu découvrirais sur toi-même ?


Très souvent, quand une personne dit vouloir devenir "la meilleure version d'elle-même", elle imagine une version plus accomplie, plus disciplinée, plus confiante, plus performante. Or, bien souvent, la personne ne cherche pas réellement à devenir meilleure. Elle cherche à accéder à un état intérieur : la paix, la fierté, la liberté, l'amour de soi, la légitimité, la sécurité. C'est souvent à cet endroit que la recherche de la meilleure version de soi se transforme en quelque chose de plus profond : non plus devenir quelqu'un d'autre, mais devenir plus pleinement.


La bonne nouvelle, c'est que tu n'as besoin d'être meilleur.e pour accéder à ça !


En séance d'hypnose, on pose les vrais questions : celles qui font bugger, celles qui sont inconfortables, celles qu'on n'a jamais osé se poser parce que ce sont précisément ces questions qui sous-tendent ce dont tu as réellement besoin. Parce que lorsqu'on sait réellement de quoi on parle, on identifie un vrai levier changement.



Et toi, quel est ton rapport au développement personnel ? A certaines injonctions au bien-être, au bonheur ? As-tu déjà cédé à l’envie d’incarner une meilleure version de toi-même ? Parmi les questions, quelle est celle qui t'as le plus remuée ? Je t’invite à en discuter en commentaires.

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